Depuis près de trois décennies, les conflits armés à base communautaire affectent négativement la cohésion sociale, la paix et le développement.
Comme beaucoup d’autres femmes dans sa communauté, Rosine a vu sa vie basculer lorsque son village a été attaqué par des groupes armés. Rosine garde toujours en mémoire les séquelles de ce conflit : lors d'une attaque armée qui a ciblé leur village, son mari a été tué. Depuis lors, elle assume à la fois le rôle de père et de mère pour assurer la survie de ses enfants.
Dans sa communauté, être jeune mère sans mari fait souvent l’objet de moquerie, de marginalisation et de stigmatisation, surtout quand on n’a pas assez de moyens. Ces stéréotypes sont le résultat de normes sociales patriarcales très ancrées dans la région.
En février 2026, notre équipe l’a rencontré dans un centre de formation de l’organisation Women Need Peace, un partenaire d’ONU Femmes, qui met actuellement en œuvre le projet d’amélioration du relèvement socio-économique des femmes et des jeunes femmes dans le contexte de consolidation de la paix dans les territoires de Djugu et Irumu, financé par Women Peace and Humanitarian Fund (WPHF), en Ituri.
Avant de bénéficier du projet, Rosine était confrontée à des problèmes pour nourrir ses enfants, payer les soins de santé et répondre à d'autres besoins primaires de son ménage.
Sa situation commence à changer lorsqu’en juin 2025, elle est sélectionnée pour prendre part au programme de formation en coupe et couture, initiée par Women Need Peace dans le cadre de son projet financé par le WPHF visant à renforcer la résilience socio-économique et la participation des femmes dans les dynamiques de consolidation de la paix dans les territoires de Djugu et d’Irumu.
« Avant les femmes étaient oubliées et négligées, et n’avaient pas de considération dans la communauté compte tenu de leurs moyens limités pour la survie », explique Jacqueline Bagabo, directrice de Women Need Peace.
L’espoir renaît et la résilience se forge
Après trois mois de formation, Rosine est maintenant en mesure de confectionner des vêtements pour dames, ce qui lui permet de gagner de modestes revenus pour garantir sa survie. Elle gagne en moyenne cinquante mille francs congolais par mois, ce qui équivaut à vingt-trois dollars américains. Pour Rosine, cette formation représente bien plus qu’une simple source de revenus. Un projet se cache derrière sa machine à coudre : économiser/épargner progressivement pour créer un atelier de couture moderne dans le village et initier aussi d’autres femmes et filles qui sont dans les mêmes situations ou conditions de départ.
« J’aime ce métier de couture. Je suis fière de participer à ce programme qui vient sauver les femmes dans la misère. Mon rêve est de devenir une couturière de référence dans le village et d’aider d’autres femmes qui traversent les mêmes difficultés », témoigne Rosine.
Rosine est l'une des quarante-trois femmes qui ont reçu une formation en couture. Grâce à ces nouvelles compétences, ces femmes contribuent activement à l'épanouissement de l'économie de leurs foyers et de leurs communautés.
Au-delà de l'autonomisation économique, le projet a renforcé la participation des femmes dans les processus locaux de résolution des conflits et la prévention des violences basées sur le genre.