À Lubumbashi, le partenariat entre l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, le gouvernement suédois, l’Institut National de Préparation Professionnelle, ainsi que les entreprises du secteur privé Epiroc, Volvo et SMT, ouvre une perspective concrète d’employabilité des jeunes. Portée par le Projet d’Appui à la Formation et à l’Emploi Qualifié (PAFEQ), cette initiative pose les bases d’une montée en compétence locale dans le secteur clé de la maintenance des engins lourds.
Dans un contexte où les activités minières, de construction et de transport reposent sur des équipements lourds en fonctionnement continu, le déficit de compétences locales en maintenance constitue un enjeu stratégique. À Lubumbashi, la mise en place d’une filière dédiée à la maintenance des engins lourds et des véhicules commerciaux vient répondre à cette urgence structurelle.
Pour la première fois en République démocratique du Congo, une filière de formation en maintenance des engins lourds voit le jour. Cette nouvelle offre de formation, qui s’inscrit dans la continuité des formations organisées avec l’accompagnement du PAFEQ à destination des professionnels en emploi, cible directement les jeunes demandeurs d’emploi, avec l’ambition de faciliter leur accès à des métiers techniques qualifiés.
Une opportunité immédiate pour les jeunes
Les inscriptions sont actuellement ouvertes. Les jeunes âgés de 18 à 35 ans, titulaires d’un diplôme d’étude secondaire à orientation technique ou disposant de bases en mécanique, sont vivement encouragés à postuler à la filière de technicien de maintenance. Par ailleurs, les candidats ne disposant pas de formation technique préalable peuvent également s’inscrire dans la filière d’aide mécanicien en engins lourds et véhicules commerciaux.
La formation, d’une durée de six mois incluant un stage d’un mois (technicien de maintenance) ou de deux mois (aide mécanicien) en entreprise, est une opportunité vers des offres des débouchés concrets dans le secteur minier, des infrastructures et du transport. Dans un contexte marqué par des difficultés d’accès aux emplois techniques qualifiés, ces filières représentent une opportunité d’intégration professionnelle directe.
« L’objectif du projet PAFEQ, dans cette phase dédiée à la formation des jeunes, est de mettre sur le marché de l’emploi 147 jeunes qualifiés en maintenance des engins lourds, en tant que mécaniciens (75) et aides-mécaniciens (72), d’ici mai 2027. Nous formons pour répondre à une demande réelle du marché », explique Raef Melayah.
Un projet bâti sur des fondations solides
Cette nouvelle filière est le fruit d’un travail engagé depuis plus de trois ans. Elle cible également les professionnels en activité, avec un accent sur le renforcement des compétences à travers des formations continues.
48 professionnels issus de quatre entreprises privées et 15 formateurs du Haut Katanga et du Lualaba ont ainsi bénéficié de modules techniques spécialisés, notamment en climatisation automobile, électricité automobile, maintenance des circuits hydrauliques, pneumatiques et systèmes d’injection des moteurs diesel.
En amont, le projet PAFEQ a également investi dans la formation des formateurs, avec l’appui technique direct d’Epiroc, Volvo et SMT, garantissant un alignement sur les standards industriels internationaux. Des supports pédagogiques spécialisés ont été développés par le projet, constituant une base technique solide pour cette offre de formation.
Une réponse structurante aux besoins des entreprises
Pour les entreprises opérant en République démocratique du Congo, cette initiative ouvre une perspective stratégique : disposer à moyen terme d’une main-d’œuvre qualifiée, formée localement et adaptée aux réalités du terrain.
Ces jeunes constituent une véritable réserve de talents, capable de réduire progressivement la dépendance aux compétences importées et de renforcer la souveraineté technique du pays dans des secteurs à forte valeur ajoutée.
Une première qui engage l’avenir
Pour l’INPP, cette filière marque un tournant majeur dans l’évolution du système de formation professionnelle en RDC.
« C’est une avancée significative. Nous mettons en place, pour la première fois, une filière entièrement dédiée à la maintenance des engins lourds, avec une approche directement orientée vers les besoins du marché. Nous invitons les jeunes qui répondent aux critères à venir nombreux s’inscrire à cette formation porteuse. Nous encourageons particulièrement les femmes à saisir cette opportunité et à s’impliquer davantage dans les métiers techniques », souligne Joël Mokomba.
Soutenu par le gouvernement congolais, financé par la Suède, mis en œuvre par l’ONUDI et porté par un partenariat étroit avec le secteur privé à travers Volvo, SMT et Epiroc, ce projet illustre l’émergence d’un modèle de coopération efficace entre acteurs publics et privés. Un modèle appelé à renforcer durablement les compétences locales et à soutenir la transformation économique du pays.